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La gestion du bassin de l'Outaouais transcende les frontières

La rivière des Outaouais, qui prend sa source dans le lac Capimitchigama, dans l'ouest du Québec, coule sur une distance de 1 271 km jusqu'à Montréal, où elle se jette dans le fleuve Saint-Laurent. Sur une bonne partie de son tracé, elle marque la frontière entre l'Ontario et le Québec, drainant sur son parcours un bassin de 146 000 km carré, un territoire plus vaste que l'Angleterre.

Protéger contre la pollution un bassin hydrographique aussi étendu, représente un formidable défi en raison de la pluralité des intervenants : ministères provinciaux et fédéraux, organismes de conservation et municipalités le long de la rivière et de ses tributaires, dont le nombre dépasse la douzaine. Le fait que la rivière des Outaouais segmente l’Ontario et le Québec ajoute à la complexité de la situation.

Une organisation environnementale sans but lucratif du Canada, Pollution Probe, s'efforce de faciliter la collaboration entre les autorités pour protéger la rivière des Outaouais. « Les bassins versants n’ont pas de limites municipales, régionales ou provinciales », nous dit M. Erik Veldman, gestionnaire de projet principal chez Pollution Probe. « Partout au Canada, on observe un mouvement grandissant – auquel nous adhérons résolument – vers une gestion holistique des bassins hydrographiques, plutôt qu’une gestion à la pièce. »

Comme il ne pouvait espérer réunir autour d'une même table toutes les autorités qui interviennent dans l’administration du bassin, dans les deux provinces et sur toute la longueur du cours d'eau, Pollution Probe a décidé de se concentrer sur la région d'Ottawa Gatineau. Il a donc ciblé cinq sous bassins locaux qui alimentent la rivière des Outaouais : les rivières Mississippi, Rideau et South Nation en Ontario, ainsi que la rivière Gatineau et la rivière du Lièvre au Québec.

La cartographie Web contribue à la gestion holistique des bassins versants

Le premier objectif de Pollution Probe était d'aider les municipalités d'Ottawa et de Gatineau, et les autres organismes qui administrent ces bassins, à travailler en concertation. En partie grâce à une contribution de 80 000 $ de GéoConnexions, Pollution Probe a développé une application de cartographie Web qu'il a baptisée « Envirobrain ». (Le coût total du projet était de 160 000 $.) Cette application réside dans un site Web appelé « Waterplace », qui permet de partager des données et de l'information et de planifier des stratégies de protection des approvisionnements en eau potable. Pollution Probe espère que ces ressources permettront de prendre des décisions plus éclairées et coordonnées et, au bout du compte, d'assurer une meilleure protection à la rivière des Outaouais.

« Il n'existe pas de réseau officiel amenant les divers organismes à se concerter pour protéger le bassin de la rivière des Outaouais, précise M. Veldman. Nous avons pensé qu'un bon point de départ serait d'utiliser des applications de cartographie et des normes de gestion des données, d'encourager les groupes à partager leurs données et d'appliquer les normes de données de GéoConnexions. Nous voulions réunir les groupes autour d'une même table pour qu'ils se familiarisent avec l’ensemble des données portant sur la région au complet, sans se cantonner, et ainsi prendre leurs décisions selon une approche holistique. »

Par exemple, une collectivité agricole située en amont qui utilise des engrais et des pesticides peut dégrader la qualité de l'eau des gens qui vivent et travaillent en aval, parce que ces polluants peuvent facilement contaminer le cours d'eau. Pour réduire le coût de traitement de l'eau polluée, les municipalités en aval pourraient juger qu'il vaudrait la peine de payer la collectivité en amont pour qu'elle réduise ses activités agricoles au voisinage du cours d'eau. Par exemple, une subvention à la conservation pourrait lui être versée dans le cadre d’un programme provincial ou fédéral.

Mettre à profit l'expertise de GéoConnexions

GéoConnexions a aidé à mettre en place les conditions nécessaires pour concrétiser la vision de Pollution Probe, celle d'une gestion concertée des bassins versants. Le programme a fourni non seulement de l'argent, mais aussi une expertise précieuse. « À titre d'organisation environnementale, notre travail consiste à protéger les sources d'eau, précise M. Veldman. Nous savons ce que sont les toxines et la pollution, et nous connaissons les politiques relatives à ces questions. Par contre, nous ne savions pas comment utiliser l'Infrastructure canadienne de données géospatiales, comment découvrir les données ni comment développer des applications de cartographie Web. GéoConnexions nous a familiarisés avec tous ces concepts. Son aide nous a été extrêmement utile et nous a fait accomplir des progrès considérables. »

Au lieu de nous débattre avec des chiffriers et des graphiques statiques, les utilisateurs de l'application Web de Pollution Probe peuvent désormais produire une foule de cartes dynamiques, en exploitant autant que possible les ressources de l'Infrastructure canadienne de données géospatiales, dont notamment, sa capacité de relier des bases de données de différentes sources. Ils peuvent facilement intégrer plusieurs couches de données et tracer un portrait précis de la région qui les intéresse.

Les urbanistes de la ville de Gatineau, par exemple, pourraient commencer par établir une carte des limites municipales et des routes, puis y superposer les limites des bassins versants locaux, en indiquant les rivières, les ruisseaux et les zones d'alimentation des nappes souterraines. Finalement, ils pourraient y ajouter les limites du zonage. Une fois complétée, la carte pourrait leur permettre de circonscrire plus facilement les zones à préserver ou à aménager.

« Grâce aux normes approuvées par GéoConnexions, il est possible d'intégrer toutes ces données et de produire les cartes rapidement, ajoute M. Veldman. Les utilisateurs non plus besoin de passer des heures à fouiller dans une base de données volumineuse pour trouver les données qu'ils cherchent. Cet outil est extrêmement utile et nous fait économiser énormément de temps. »

Le partenariat : condition essentielle à la gestion des bassins versants

Comme les cours d'eau et leurs tributaires franchissent souvent des frontières administratives, la gestion d'un bassin versant doit se faire sous le signe de la collaboration et du partenariat. En utilisant des applications de cartographie Web pour considérer tous les aspects d’une situation, les organismes et les intervenants ont plus de chances d'en arriver à des solutions qui respectent la santé du bassin versant et l’intégrité des autres entités qui subissent son influence.

Le site Waterplace et l'application Envirobrain sont en cours d'essai bêta. Pollution Probe prévoit en faire le lancement officiel lorsque les essais seront terminés.

Les partenaires sont :
Environnement Canada
Ville de Gatineau
Ville d'Ottawa
GéoConnexions
Commission de la capitale nationale
Office de protection de la nature de la vallée Rideau
Office de protection de la nature de la vallée de la Mississippi
Société de conservation de la rivière South Nation
Fondation Trillium de l'Ontario